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Allaitement

Allaitement: sevrage nocturne et sevrage total

novembre 18, 2020

Le sevrage nocturne a marqué une nouvelle étape vers la fin de mon allaitement. J’ai déjà raconté mes petits pas (lentement, mais surement) vers le sevrage. J’ai passé un cap psychologique. Je vivais de plus en plus mal les tétées et le fait de devoir partager mon corps. Prise entre culpabilité et envie de tourner la page, j’ai essayé d’amener doucement ma fille à accepter ce changement. Après une diminution importante des tétées la journée, j’ai pris la décision de la sevrer la nuit. 


Pourquoi?

Parce que c’était la suite logique. Ma fille ne voulait s’endormir qu’en tétant, mais le problème c’est que ça durait si longtemps, que je ne le supportais plus. J’ai développé une sorte d’aversion. Sans compter qu’elle se réveillait tellement la nuit (team nuits pourries), et que là encore c’était la seule chose qu’elle acceptait pour se rendormir. A noter, qu’elle n’a jamais voulu entendre parler de tétine, et qu’avoir un doudou ne l’intéresse pas. 


En pratique

On a changé nos habitudes. Avant c’était « histoires et tétée-dodo » et maintenant c’est « histoires, et berceuse ». Pour y aller en douceur on lui a proposé un fond de lait chaud aussi pour qu’elle vive mieux la situation. Elle veut toujours que je sois là, mais son papa participe aussi au coucher désormais. 


Les 1ers jours

Le 1er jour, elle l’a très mal vécu. Mais c’est aussi parce qu’on a cafouillé. On pensait qu’elle pourrait essayer de s’endormir avec son papa, sans moi, parce qu’elle aurait moins de « tentation ». Mais avec le recul, ce n’était pas une bonne idée. Ca faisait trop de changement pour elle. Elle a très mal réagit et on a fait marche arrière. Elle s’est peut être dit: « plus de tétée= plus de maman? ». On a rectifié le tir  et contre toute attente, elle s’y est vite habituée. J’avais des craintes mais en moins d’une semaine, ce nouveau rituel était adopté. 


Sevrage nocturne pour passer de meilleures nuits? 

Je ne pense pas que mon allaitement ait été le responsable de nos nuits chaotiques. Je pense que ses cycles de sommeil étaient (et sont encore) différents des nôtres, qu’elle avait besoin de présence et de réconfort. Je pense que chaque être humain et donc chaque bébé est différent et a une relation au sommeil différente. Mais je dois admettre, que nos nuits se sont améliorées. Elle a rapidement réussi à enchainer les cycles de sommeil seule. Elle se réveille encore peut être une fois ou deux  mais se rendort vite après nous avoir appelé pour se rassurer. Mais bien sûr, ce n’est pas linéaire. Il y a toujours des nuits (et des périodes) meilleures que d’autres.


Sevrage total? 

Après le sevrage nocturne, il y a encore eu 2 pas en avant et 1 en arrière. La journée, elle était plus en demande. Ca a demandé de la communication, de la patience, et de l’empathie pour qu’il ne reste finalement plus qu’une tétée par jour: celle de la sieste. Ce fut la plus compliquée à supprimer.

On a profité des vacances de son papa pour la sevrer totalement. Ce ne fut pas la fin douce et sereine que j’aurais souhaité. Mais je comprends son désarroi. Elle a tété toute sa vie. Elle a passé ses deux années sur terre a se sentir bien dans mes bras, nourrie, apaisée, et calmée (y compris pour les douleurs dentaires) par ça. Devoir y renoncer ne va pas forcément de soi. Renoncer à quelque chose qu’on aime, qui nous fait du bien, c’est déjà difficile pour nous adultes, alors pour un tout-petit de 2 ans, en proie à ses émotions… 


Avec le recul

J’ai réalisé que même si elle ne verbalisait pas, elle avait toujours du mal avec ce changement. Quand certains moments lui rappelaient l’allaitement, elle prenait la fuite et pleurait (comme pour la sieste). Peut être que je me suis loupée dans ma communication. C’est pas facile de trouver les mots. C’est dommage qu’il n’existe pas vraiment de livres jeunesse sur le sujet (à part celui-ci, mais il reste très-trop?-imagé). J’aurais aimé trouvé un support qui l’aide en faisant écho à ce qu’elle vivait. Personnellement, je n’ai pas trop su comment lui présenter le sevrage. Mentir? Dire que je n’ai plus de lait alors que ce n’était pas encore le cas? J’ai tenté mais je ne me sentais pas crédible. Dire la vérité? Que je ne le souhaitais plus, que c’était douloureux pour moi et que j’estimais qu’elle était assez grande pour mieux le vivre? J’avais peur qu’elle l’interprète comme un rejet et puis une partie de moi était encore convaincue de l’utilité nutritionnelle (et autre) de l’allaitement même à son âge. Bref, niveau clarté et communication j’ai sorti les rames.

Mes erreurs principales:

  • Avoir trop tiré sur la corde: j’ai voulu que ce sevrage se fasse en douceur. Sauf que vers la fin, je n’arrivais plus à supporter mon allaitement. C’était un sujet de tension, de mal-être, et j’intériorisais même de la colère. J’ai négligé mes propres besoins à moi, et ça avait bien sûr des répercussions sur ma fille.

  • Une mauvaise communication: ne pas savoir comment lui expliquer clairement ma décision avec des arguments « valables ».

  • Avoir même (souvent) essayé d’éluder le sujet: Quand je voyais que l’absence de tétées était difficile pour elle, qu’elle rentrait dans une « crise », je la prenais dans les bras, j’essayais de la rassurer mais aussi rapidement de détourner son attention. Parce que j’étais déjà usée par ce sevrage compliqué, que c’était mon corps à moi dont il était question. Peut être que j’aurais dû moins fuir face à la difficulté et verbaliser- verbaliser-verbaliser.

  • Avoir induit une mauvaise atmosphère au coucher: il m’est arrivé de perdre patience vers la fin, à cause de ces tétées interminables. Physiquement, moralement, je ne pouvais plus. Il m’est arrivé de m’agacer, d’avoir l’impression qu’on abusait de moi et de ma patience. Même si une fois la tension redescendue, j’en discutais avec elle et je m’excusais, j’aurais aimé garder mon self-control. Mais je pense que c’est une conséquence du point 1 « trop tirer sur la corde ». Quand on a une enfant qui a déjà du mal à s’abandonner au sommeil, c’est une très mauvaise idée de lui laisser penser qu’au moment du coucher sa maman risque de s’énerver. Tu as l’impression de foutre en l’air tout tes efforts des 2 dernières années.

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Voila ça ne ressemble pas aux happy end que j’ai pu lire à droite et à gauche. Je suis un peu déçue de la façon dont ça s’est terminé, je l’avoue. Mais je ne regrette en aucun cas d’avoir allaité. Dans la parentalité, on tâtonne, on se trompe, on réajuste (en tout cas, c’est comme ça que je le vois).

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