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Avant bébé

La tyrannie du lâcher-prise

août 19, 2020

Vous connaissez vous aussi ce conseil à base de  « tu devrais lâcher-prise, déstresse… », prodigué en toutes circonstances?  Le « lâcher prise magique » qui vous exhorte à laisser votre mental au vestiaire, faire avec, et oublier subitement que vous voulez un bébé, un travail ou un mec ou les trois. Un brin, que dis-je, une « meule » agaçant tout ça. Pire, vous avez aussi peut être dans votre entourage une personne qui accrédite cette thèse de la réussite par la lâcher-prise? Cette personne qui prend tout à la légère et à qui la vie semble tout offrir et bien plus encore? 

Lâcher-prise et recherche d’emploi

Il/elle ne cherche pas vraiment de travail et « pam », une superbe opportunité lui tombe dessus ou il réussit du premier coup à se faire embaucher alors qu’il n’était pas particulièrement motivé. Et vous, vous êtes là, à le vouloir plus que tout et non, ce n’est pas pour vous. Vous gagnez un retour direct vers l’incertitude. «De quoi demain sera fait? », «Quelqu’un finira t’il par (re)trouver que je serais là à ma juste place? Que je ne serais pas trop ceci ou pas assez cela ?», « Vais-je arriver première à ce grand concours qu’est le marché du travail? Justice, justice, où es tu? Lâche-prise. Ca donnerait quoi en pratique? « ouais, ce serait pas déguelasse de travailler là-bas. Je vais tenter et puis on verra bien »: le tout énoncé d’un air détaché avec le dernier bouton de la chemise ouvert. 

Lâcher-prise et enfantement

Alors que vous êtes archis-motivés pour repeupler la planète, vous attendez cycle après cycle, que le miracle de la nativité vous tombe dessus? Et là, que voit on? Des nanas qui n’avaient même pas particulièrement envie d’avoir un bébé mais qui n’étaient pas foncièrement contre non plus qui se retrouvent avec le ventre arrondit. Ou des nanas qui se lancent ce challenge sans même stabiloter sur leurs calendriers leurs périodes d’ovulation, et bam Mère Nature leur font le cadeau de la vie, illico presto, en chrono post. Euh, excuse, mère nature, mais il n’y a pas une file d’attente? Chacun son tour, non? C’est pas le premier arrivé le premier servi? Lâche-prise. Ca donnerait quoi en pratique? «  oui, non mais, j’en ai pas tellement envie de ce bébé. Non, l’horloge biologique c’est du chiquet de toute façon. Je pense que je vais partir en vacance en oubliant mes envies de maternité et inch’allah. D’ici la ménopause, on a bien le temps de voir venir. Ou au pire, j’adopte un enfant, comme ça je détourne mon attention, histoire que mon utérus arrête de faire tant de tralala ». 

Lâcher-prise et rencontre amoureuse

Bon pour l’exemple de l’amour qui vient avec le lâcher-prise, je ne peux pas être ironique parce que j’ai eu la chance d’être touchée par la flèche de Cupidon alors que je ne cherchais pas à être visée. Ah, donc c’est vrai toutes ces bêtises? 

Lâcher-prise: mission impossible?

Tout ce que j’essaye de dire c’est que c’est compliqué de lâcher-prise quand quelque chose vous tient à cœur. Plus facile à dire qu’à faire. On a un mental qui aime bien se focaliser, et je suis sure que le mien n’est pas unique. Ca voudrait dire que moins on y pense plus ça marche? 

Je ne sais pas, je me le demande parfois. Alors comme toujours dans ces cas là, je me tourne vers la personne la plus optimiste et perspicace que je connaisse: le dalai lama , mon mec. Mon mec, ceinture noire, 18ème dam en psychologie positive et bac+72 en développement personnel.

Qu’est ce que je dois faire?

Lâcher-prise c’est quoi? Être nonchalant? Laisser tomber? Se dire « qui vivra verra »?  « je suis fichue! », lui dis-je pour conclure en reniflant de détresse dans mon mouchoir en tissu? Grosso modo à mes questionnements quasi métaphysique sa réponse fut: « ça veut tout et rien dire lâcher-prise. Je pense qu’il faut mettre toute son énergie positive dans un projet, faire tout ce qu’y est en notre pouvoir pour que ça fonctionne. Et si ça ne marche pas, tu as l’esprit tranquille parce que tu as fait ton possible. Et si ça ne marche pas cette fois, ça ne veut pas dire que ça ne marchera pas la prochaine. Il faut juste accepter que tout n’est pas de son ressort, qu’il y a des choses qui nous dépassent.». Pas plus compliqué que ça apparemment. 

Donc, il n’y a plus qu’à se prescrire une plaquette de chocolat pour faire le deuil (et lâcher-prise sur sa silhouette) et reprendre une dose d’endorphine (qui l’a vraiment grâce au sport? ) quand les bonnes nouvelles tardent, quelques séances de méditation pour se recentrer sur l’instant présent (et apprécier ce qu’on a, d’avantage que de se focaliser sur ce qu’on n’a pas…encore) et ça repart. 

Lâcher-prise ou persévérer?

Parce que même si on connait tous quelqu’un a la chance insolente, on connait tous aussi quelqu’un qui s’est pris des dizaines de portes dans la face, qui a eu envie de se battre, d’essayer jusqu’à atteindre son but. Quelqu’un qui a eu raison d’y croire parce qu’au lieu de se prendre encore une porte, c’est la chance qui est finalement venue sonner à la sienne, tout sourire. Par exemple, peut être que J-k Rowling (même si je ne suis pas sa cible lectrice) a eu envie de lâcher, tout abandonner. Après d’énièmes refus d’éditeurs (perspicaces, les gars au passage!), elle a peut-être fait un léger break, a mis une dose complètement indécente et disproportionnée de chantilly sur son café viennois, s’est affalée sur son canapé devant une série (pour « lâcher-prise »). Et puis, hop, elle s’est remise à son clavier, et a persévéré, pour ne pas avoir le regret de ne pas avoir tout fait pour que son Harry Potter prenne vie. 
Bref, je ne sais toujours pas trop comment on fait pour lâcher-prise sur commande, pour continuer sa route confiant, mais j’ai le sentiment que ça vaut la peine d’y arriver un jour. 

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