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Allaitement

Je n’assume pas (toujours) mon allaitement long

mai 30, 2020

J’ai beau suivre des jolis comptes instagram de mamans qui exposent avec fierté leur allaitement avec leurs bambins et leur mettre des coeurs de soutien à tout va, j’ai beau avoir liké le compte de « la leache league », je ne réussis pas (toujours )à assumer haut et fort mon choix.

On doit être quoi, 0,02% des mères à allaiter encore à 18 mois? Dans la vraie vie, en dehors des écrans, on est souvent toutes seules à utiliser encore la fonction nutritive de nos seins. Même si je fais des choix marginaux, je les fais pour être en phase avec moi-même, et pas pour me faire remarquer. En vrai, je préfèrerais passer incognito. Ou encore mieux, vivre dans un monde où l’allaitement est totalement normalisé/voir encouragé soyons fous, même au delà de 6 mois. Mais en même temps, comment cela pourrait il l’être si je me planque dans les toilettes, entre la cuvette et le lavabo, pour que personne ne voit que l’autre originale a encore dégainé son téton?

J’assumais plutôt bien l’allaitement jusque là, tant que je ne sentais pas de regards trop hostiles. Mais maintenant, alors que ma fille est grande, tient debout, et sait très distinctement hurler « téteeeerrrr » quand elle a besoin de se replier contre moi, c’est légèrement gênant.

D’habitude, j’essaye d’être discrète et te répondre à sa demande si mes tentatives de diversion (tu veux boire? une amande? jouer? faire un sudoku?) échouent. Mais là, j’ai pas pu.

Un gouter de famille, du monde que je sais ne pas être dans la même mouvance que nous- pour l’allaitement et pour le style de vie en général d’ailleurs. J’étais avec ma fille un peu en retrait, elle a voulu téter. Je lui ai donné un peu le sein discrètement. Puis elle a voulu continuer et là, j’en avais pas envie. J’avais surement peur de me faire repérer. Résultat, elle s’est mise dans un état auquel je ne m’attendais pas et nous avons fini par partir. Et,  j’ai tout de même été gênée. Et en prime, je ne me suis pas sentie bien parce que j’avais manqué de courage. 
Bref, en dehors des gens qui allaitent le sein levé, le torse bombé, il y a moi. Moi qui préfèrerais que ma fille prenne son mal en patience jusqu’à ce qu’on soit rentré à la maison. Moi qui suis persuadée de faire les meilleurs choix pour elle mais qui ne me sens pas légitime à les exposer. 

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