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Allaitement

Allaitement : le difficile sevrage d’un bambin

septembre 11, 2020

Commencer un allaitement peut être très compliqué. Mais ce dont on parle moins (je trouve), c’est de la difficulté-que dis-je de la galère- de sevrer un bambin.

Tu sais que tu es une marginale quand tu culpabilises un peu à l’idée de commencer à sevrer ta fille de 20 mois. 

 

Tu dois faire partie des 0,002% de la population féminine nationale (dont 98% ont un compte instagram) à t’adonner encore à l’allaitement, mais tu te demandes presque si tu n’es pas un peu égoïste à faire passer tes besoins avant les siens. Parce que c’est évident que ma fille, elle, elle serait chaude pour aller jusqu’à l’âge plafond du sevrage naturel (soit 7 ans), voir un peu plus si elle arrivait à grappiller encore un peu. En matière d’allaitement (comme ailleurs ceci dit), c’est difficile de se concentrer sur son ressenti à soi, sur ses besoins, sans être « parasité » par ceux qui font moins mais qui semblent très bien s’en sortir, et ceux qui font plus avec une aisance inouïe. C’est compliqué de se poser et de juste se demander: « Et moi, qu’est ce que j’en pense? »« Qu’est ce qui est le mieux pour moi? », « Quelles sont mes limites? ». 

Sevrage: un long cheminement

Ça fait quelques mois que je commence à en avoir marre et que j’aimerais tourner la page de l’allaitement. Parce que je suis déjà très fière de mon parcours et que j’ai envie de reprendre pleinement possession de mon corps. J’en suis arrivée à un stade où j’ai l’impression de subir les tétées, de nier tellement mes propres envies, que ça me pèse. Bien informée, pour réussir mon allaitement, j’ai suivi de bons comptes informatifs sur le sujet. Naturellement, quand l’envie de sevrage m’a titillé j’ai été sur la page Facebook de la leche league. On m’a répondu en gros qu’on ne pouvait pas me donner de conseils, que c’était à moi de trouver les solutions pour arriver à sevrer ma fille. Au début, je me suis dis « merci, les gars! ». Il y a du monde pour t’aider à lancer la machine mais pour clore le festival du nichon nutritif, tu te retrouves seule (bon en fait il y a quand même un article sur leur site internet). Parce que là, on parle d’un truc addictif!

Le sein, c’est comme de la cocaïne pour ma fille !

 

 Tu le sens le désespoir, le « ô mon Dieu, on n’y arrivera ja-maaais ». Quand je lisais des témoignages disant: ma fille (ou mon fils of course) n’a plus tétée du jour au lendemain ou, notre belle aventure lactée se termine dans la douceur et tutti quanti, je savais que pour moi ça n’allait pas être la même paire de manche. 

Il faut que ce soit progressif, diminuer le rythme des tétées petit à petit. Peut être plus simple quand tu n’es pas une mère au foyer. Parce que là, c’est comme être une addict au chocolat et avoir sous ses yeux toute la journée ta plaquette préférée ou bosser chez Lindt.

Et maintenant que ma fille parle, il y a aussi les « mamans: téteeeerrrr » énoncées avec force et conviction comme si le lui refuser était lui infliger un châtiment moyenâgeux. « Tu veux pas prendre un fruit? », « un yaourt? »- « téter ». Bon, c’est pas gagné

Et puis des questionnements sans fin

 

Tu te questionnes aussi sur: par quoi dois-je remplacer les tétées? Quelle quantité? Quel lait? Quel contenant? Même si elle est bien diversifiée de quoi a t’elle besoin en terme de calcium? Parce que jusque là, c’est elle qui gérait son stock, tu n’avais à penser à rien. Tétées à la demande, c’était elle la boss.

En vrai, dans sa tête on a des pensées obscures du genre « et si je partais 1 semaine en vacance et que je revenais, ça serait peut être réglé? ». Mais non, conscience, tu nous tiens. 

Il faut bien commencer quelque part


Pour l’instant, j’en suis à tâtonner. J’ai essayé de diminuer les tétées la nuit. Mais c’était tellement difficile (surtout que des poussées dentaires sont venues se greffer-sinon se serait trop simple), et épuisant. Parfois elle arrivait à se rendormir autrement, mais souvent elle pleurait trop et se réveillait définitivement au lieu de rester dans un semi-sommeil. Bref, je me sentais mal parce que je n’arrivais pas à mes fins, et parce que j’avais l’impression de faire quelque chose d’horrible à ma fille. Du coup, j’ai finalement décidé de prendre les choses dans l’autre sens. 

Pour commencer, « les tétées c’est pour le dodo ». Comme ça c’est une ligne directrice claire, que ma fille comprend. La journée, je peux plus facilement la divertir et lui proposer des alternatives à la tétée. On en est à J+6 je crois et son nombre de tétées à bien diminué. Ca me soulage parce que je ne supportais plus qu’elle soit scotchée à mon sein la journée ET la nuit. C’était trop pour moi. Et je reste quand même en accord avec moi-même parce que je continuer de la laisser téter pour le coucher et la nuit, quand elle me semble plus en besoin encore et vulnérable. Bref, la fin de l’allaitement ce n’est pas pour demain mais j’aimerais tourner cette page vers ses 2 ans.

Pour finir, je vous mets aussi ici le lien vers un récit d’un sevrage qui m’a bien parlé.

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