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Accouchement

Survivre à la douleur d’un accouchement

août 22, 2020

 

J’avais été une élève assidue des cours de préparation à la naissance (munie de mon carnet, de mon stylo, de mes questions). J’avais tapé sur Lilo (pas sur google, malheureux) tous les mots clés possibles et inimaginables. J’avais fait des listes. J’avais lu.  J’avais préparé mon sac. J’avais mon ballon de grossesse sous le bras. J’avais visionné les vidéos de Gasquet répertoriant les positions physiologiques à adopter pour accoucher. J’avais appris à inspirer/expirer en cours de yoga prénatal. Bref, j’étais prête. 

Je tentais de m’auto-persuader que: «  oui, un être humain allait passer les parois de mon utérus, que ce ne serait pas chose aisée, mais que je pourrais y arriver, telle les milliards de femmes avant moi dans l’histoire de l’humanité ». « Que non, je n’étais pas une sportive émérite, mais que je pouvais avoir du mental quand il s’agissait d’éviter les interventions médicales ». Je me disais que les pensées positives entrainaient des actions positives. La loi de l’attraction tout ça, tout ça. 


Bon et puis ça ne s’est pas passé comme je le souhaitais. 3 jours pour accoucher. Le 3ème, j’étais légèrement au bout du roul’ parce que c’était méga douloureux: toutes les contractions dans le dos comme si un rhinocéros te fracassait toutes les 2 secondes avec sa corne de l’intérieur. J’ai tenu, tenu, tenu et puis j’ai fini par demander la péridurale (et penser – et dire même: bordel qu’est ce qu’il fout! il habite où ce satané anesthésiste!: oui, parce que petite maternité, parce que c’était dimanche et parce que le gars était pépère sur son canap jusqu’à ce qu’on l’appelle).

Après ça, c’était les bisounours, finger in the noise, à côté de ce que je venais de traverser. J’ai échappé de peu à la ventouse, aux cuillères et compagnie. Bref, j’avais ma petite fille sanguinolente et en bonne santé dans les bras, j’étais heureuse mais c’était difficile. 


Je me souviens avoir pensé pendant les heures précédant sa naissance « mais pourquoi, j’ai été me mettre dans cette situation? pourquoi je me suis infligée ça? », « ça ne s’arrêtera donc jamais, elle ne va pas arriver ».

Et 18 mois après, j’aurais tellement peur de revivre ça, je n’ai pas oublié.

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